Des bateaux et des hommes

1978

Olivier de Kersauzon

Kriter IV

Quand Michel Etevenon créa la Route du Rhum, il eu certainement en tête de voir SON skipper, Olivier de Kersauzon la gagner. Un peu comme Claude Lelouch prépara « itinéraire d’un enfant gâté » en pensant à Belmondo. 

« Elevé » par Tabarly en partie à bord de Pen Duick IV, le premier trimaran de course océanique, Olivier conçu, pour cette course, une machine de guerre similaire mais en mieux : Kriter IV.

En avance sur son temps, la bête se retourna contre son skipper et engendra des aléas techniques tels que plus d’un auraient abandonné. Olivier s’accrocha et obtint une magnifique 4ème place. 

Les aléas techniques, … c’est ce qu’Olivier déclara …

Nous savons bien lui et moi que si la bouteille de champagne s’était brisée du premier coup lors du baptême, l’histoire aurait été tout autre.

Mais chuuuuutttt … il est bien connu que les marins ne sont pas superstitieux.

De la droite vers la gauche : Olivier de Kersauzon, Alain Colas (en train de manger) et Eric Tabarly (à la barre)

1982

Marc Pajot

Elf Aquitaine
Quand on a eu la chance de passer des soirées et des séances de travail avec Sylvestre Langevin, l’architecte du bateau vainqueur de cette deuxième édition, on comprend pourquoi ce catamaran a été indestructible.
 
Marc Pajot avait coulé dans le Golfe de Gascogne, lors de la première édition de 1978, à bord d’un bateau qui était moins un cata – maran qu’un cata – strophe !!! Il avait donc voulu une construction solide en aluminium, passant bien dans la mer, avec des étraves (avant des coques) bien hautes et bien défendues. 

 

Marc Pajot

Bien lui en a pris. Au bout de quelques jours, les assauts des vagues cherchant à écarteler le bateau provoquèrent une fissure dans la poutre centrale. Pendant quelques heures, le skipper baulois pensa revivre l’enfer connu 4 ans plus tôt. Puis, il réagit. Il fit un trou dans l’aluminium afin d’arrêter la fissure et, au bout d’efforts conséquents, réussit à ceinturer la poutre de câbles afin de la consolider. Il finit la traversée la peur au ventre de voir tout exploser. Mais cela a tenu jusqu’à la Martinique où son équipe vint renforcer la réparation lors d’une escale rapide devant le rocher du Diamant.
 
Malgré une météo difficile lors de la remontée vers la Guadeloupe et un Canal des Saintes agité, Marc Pajot triompha à Pointe à Pitre.
 
En janvier 1983, Elf Aquitaine fut exposé sur le parvis de la défense lors du salon nautique. Je m’y fit embaucher comme distributeur de prospectus avec Jean Maurel. Job frigorifiant mais plutôt sympa pour nos 20 ans. Les jeunes filles, que nous trouvions toutes plus jolies les unes que les autres, avaient toute notre attention …

 

Jean Maurel

Jean fit une magnifique carrière de skipper, reprenant la suite de Marc Pajot à bord des bateaux aux couleurs du pétrolier français. Il devint plus tard directeur de courses au large dont la Transat Jacques Vabre. Un pont, au Havre, porte désormais son nom.
 
Bien que je fût à cette époque de l’autre côté de la planète, un bout de moi est parti quand j’ai appris qu’une terrible maladie l’avait emporté. 
 
Le 4 novembre prochain, il y aura beaucoup de joie à St Malo, … que j’aurais aimé partagé aussi avec mon ami Jean.

1986

Philippe Poupon

Fleury Michon VIII

Lors de la transat Plymouth Newport de 1984, Philippe Jeantot chavira à bord de son catamaran Crédit Agricole II et se fit assister par Yvon Fauconnier, qui naviguait près de lui. Pour compenser le temps perdu et encourager la solidarité entre marins, les organisateurs de la course décidèrent de déduire 17 heures du temps d’Yvon. Au moment de cette décision, personne ne la contesta, tant elle semblait anodine.

Philippe Poupon

La traversée fut difficile à cause de conditions météo très dures. Le «  Mano à Mano » entre Philippe Poupon, Marc Pajot et Eric Tabarly fut somptueux., Philippe arriva le premier à Newport, épuisé, en larmes … tout comme son dauphin Marc Pajot. Yvon Faconnier, bien que 7ème, fut déclaré vainqueur en raison du temps d’assistance déduit. 
Lors de la conférence de presse d’après course, Poupon exprima son amertume et sa rancoeur. Il la porta les deux années suivantes et j’ai retrouvé son expression sur le visage de Didier Deschamps quand, avant la finale de la coupe du monde de foot 2018, il évoquait la finale perdue lors de l’Euro 2016.
En novembre 1988, je vivais à St Malo et je travaillais pour Energie et Communication – Rank Xerox de Florence Arthaud, collait de l’antidérapant sur le pont de Pen Duick VI, naviguais sur Pen Duick III, … Poupon ayant couru la première édition de cette course sur ce bateau passait régulièrement nous saluer. Sa détermination faisait briller ses yeux. Il poussa l’architecte Nigel Irens et le chantier Jeanneau Techniques Avancées dans leurs derniers retranchements. Le fruit de leur travail apparaissait invincible, malgré la présence de « sérieux clients » dont le géant Royale de Loïc Caradec qui disparu dans le Golfe de Gascogne.
 
Philippe Poupon pulvérisa le record de la traversée et arriva vainqueur à Pointe à Pitre devant Olivier Moussy.
 
L’année suivante, lors de la première édition du Vendée Globe, Poupon se trouva en délicatesse sur son monocoque et fut aidé par Loïc Péron. Là encore, un temps à déduire fut attribué au skipper baulois pour le remercier de son geste.
L’arrivée se fit au finish entre Loïc Péron et Titouan Lamazou. Mais comme par « hasard », le bateau de Loïc ralenti à la fin et arriva avec un retard tel que le « bonus »  ne changea pas le classement général. 
 
Dans la Course au large, il n’y a pas que les bateaux qui sont grands, les hommes le sont aussi …

1990

Florence Arthaud

Pierre 1er
Florence Arthaud, la célèbre navigatrice, n’avait pas que des qualités. Par exemple, être réveillée alors qu’elle avait décidé de dormir la mettait dans une rage folle.
 
C’est ainsi qu’un matin elle alla sermonner les ouvriers du chantier de construction d’une résidence proche de chez elle à cause du bruit qu’ils faisaient. Toute Florence Arthaud qu’elle était, elle n’impressionna pas ces hommes qui, pour se débarrasser de sa furie, l’invitèrent à aller s’expliquer avec le promoteur. Ce qu’elle fit !!! 

 

Florence Arthaud

Une fois dans le bureau du Président du Groupe Pierre 1er, son charme, son charisme et sa volonté firent le reste : Florence obtient LE budget nécessaire à la conception et à la construction d’un bateau fait pour gagner …
A l’époque, le cabinet VP/LP, commençait tout juste à dessiner des bateaux de 60’ (18m28). Ils mirent tout en oeuvre pour offrir à la belle un bijou, s’appuyant sur la technologies la plus aboutie et les partenaires les plus avancés au niveau technologique. 
Le résultat fut somptueux. Pierre 1er a été le premier trimaran « féminin », et pas à cause du sexe de son skipper. 

Ses lignes étaient félines, ses oeuvres vives (dessous) une invitation à se faire caresser par la mer et sa décoration ressemblait au maquillage d’une meneuse de revue …

Je passais très souvent devant son ponton au port du Moulin Blanc à Brest (il a été construit … rue Alain Colas !!!) et je ne me lassais jamais d’admirer le bateau et de suivre l’installation de ses systèmes dont le Macintosh que j’avais fourni.
 
Laurent Bourgnon obtint tardivement un budget pour construire RMO, le sister-ship (bateau-frère) de Pierre 1er. Il ne prit donc pas le départ de la course avec les mêmes armes que Florence qui, malgré des ennuis de santé pendant la traversée, gagnât devant Poupon et Bourgnon.
 
Celui-ci « mit définitivement sur orbite » le cabinet VP/LP en remportant les éditions de 1994 et 1998. Ce design est le seul à avoir gagné trois fois de suite la même course. 
 
Depuis, VP/LP n’a jamais été battu sur cette compétition et le bateau vainqueur des deux dernières éditions (Groupama – Banque Populaire) sera encore au départ comme outsider.
 
Comme quoi, les hommes ne font pas toujours que des bêtises pour les jolis yeux d’une femme !!!

1994

Yves Parlier

Cacolac d'Aquitaine

Quel exploit !!!

La Route du Rhum 1994 voit s’affronter Laurent Bourgon avec le sister-ship du bateau vainqueur en 1990 aux mains de Florence Arthaud qu’il a soigneusement mis au point et Paul Vatine, avec « le même mais en mieux », tout juste sorti du chantier.

Leur bagarre est intense et le suisse bat le normand de tout juste 3 heures, 10 minutes et 20 secondes. Si on ramène l’écart sur la distance d’une étape du tour de France cycliste, il n’y a pas, à ce jour, de moyen technologique à même de départager les deux premiers.

 

Yves Parlier

Mais l’exploit de cette édition est réalisé par Yves Parlier qui, 1 jour et 13 heures après le premier, franchi la ligne à bord des son monocoque. Un peu comme si avec un scooter il était arrivé sur les talons des deux premières motos !!!

Ce résultat, le skipper parisien « immigré climatique et technologique » à Arcachon, n’est pas allé le chercher dans une pochette surprise. Car pour aller aux Antilles sans faire le « détour » de la route du sud pour aller chercher les alizés, il faut piquer droit en passant au nord des Açores et affronter, surtout à cette époque de l’année, des conditions dantesques, en ayant le vent ET la mer contre soi.

Ce fut l’un des premiers exploits d’Yves Parlier. Il les a depuis accumulées : victoire dans les plus belles courses qui soient dont une Jacques Vabre avec Eric Tabarly, réparation seul de son mat en Nouvelle Zélande, invention d’une voile de Kitesurf pour les cargos, … Le dernier en date : il m’a supporté 20 minutes lors du dernier salon nautique d’Arcachon. Comme j’aime à le dire à mes proches (auxquels j’ai DE SUITE envoyé la photo où je suis avec lui), celui que l’on surnomme « l’extra terrestre » est un … terrestre extra !!!

1998

Charlie Capelle

Chaussettes Olympia

En 1998, un petit bateau jaune franchi la ligne d’arrivée dans un quasi anonymat au bout de 22 jours de navigation. Pourtant ce bateau connait la route car il n’est autre que le sister-ship d’Olympus, le vainqueur de la première édition.Et il sera encore présent cette année. Si son nom est « A capella », il pourrait s’appeler « Le Condor » car grâce à la volonté de son skipper Charlie Capelle, il n’en finit pas de renaître de ses cendres.

Construit en 1979, il gagne sa première course en 1991 avec Charlie Capelle et Philippe Poupon avant de courir sa première route du rhum en 1992. 

Au retour, il entre en collision avec un cargo et est déclaré épave. 

De 1985 à 1990, Charlie travaille sans relâche et lui offre une fantastique et inespérée 2ème place de classe sur le Rhum 98

Sur le chemin du retour, il chavire et dérive pendant 14 mois.

De 2002 à 2006, le bateau est reconstruit et prend, bien entendu, le départ de la célèbre course. Il chavire au large du Cap Finistère et est sauvé grâce à la générosité des passionnés de bateau.

Depuis, le bateau a couru les deux dernières éditions de la course et est l’un des animateurs de la classe des Golden Oldies qui regroupe des anciennes gloires de la voile.

2002

Michel Desjoyaux

Géant

La route du rhum de 2002 restera comme celle de l’hécatombe des multicoques de 60 pieds (18m28). Sur les 18 engagés, 15 ne franchirent pas le cap de la première semaine !!! 5 chavirèrent, d’autres cassèrent, certains renoncèrent devant l’inadéquation entre leur bateau et les conditions météorologiques. Cette « casse » provoqua un grand débat qui permit le développement de la sécurité tant active que passive à bord de tous les bateaux, y compris celui de « monsieur tout le monde ».

 

Michel Desjoyaux

Desjoyaux ne fut pas épargné par les ennuis et fut obligé de faire trois escales pour poursuivre sa route. Son sens marin et ses connaissances techniques (il est co- fondateur de l’un des meilleurs chantiers navals du monde) lui permirent de passer « au travers des goutes » et de remporter la course.

Une fois de plus, le « professeur » n’a pas usurpé son surnom.

2006

Franck Yves Escofier

Wahou !!!

Les voiliers, contrairement aux bateaux à moteurs, ne font pas beaucoup de bruit tout en étant efficaces. Tout comme leurs skippers …

Franck Yves Escoffier fait partie de cette race de « taiseux » efficaces. Parisien devenu marin pêcheur à St Malo, il s’est rapidement positionné plus comme un amateur éclairé que comme un professionnel de la course au large. C’est ainsi, qu’en toute modestie, il ne tenta pas de jouer « dans la cour des grands » mais participe au développement de la classe des multicoques de 50 pieds (15m24). 

Franck Yves Escofier

En 2006, ses efforts furent récompensés par une superbe victoire avec deux jours d’avance dans une édition plutôt clémente de la « course au soleil ».

Depuis et grâce à lui, les multicoques de 50 pieds sont connus et médiatisés. La classe s’étoffe, de nouveaux bateaux se construisent dont le futur de Lalou Roucayrol qui devrait être des plus spectaculaires …

2010

Roland Jourdain

Sill / Véolia

Comme Laurent Bourgnon mais en monocoque, Rolland Jourdain réussit l’exploit de gagner deux fois de suite la course sur le même bateau. Un voilier conçu avec son ami et complice Jean le Cam quelques années auparavant en vue du Vendée Globe. Lors de la course de 2006, les deux amis se battent jusqu’à la fin et ne sont séparés que de 27 minutes et 27 secondes à l’arrivée à Pointe à Pitres.

Pour cette édition de 2010, « Bilou » comme on le surnomme, a toujours de sérieux « clients » face à lui, dont Armel le Cleach sur Brit Air et Jean Pierre Dick sur Virbac. La bagarre entre le « vieux » et les deux jeunes loups préfigure ce que furent les éditions suivantes du Vendée Globe : la Course au Large est passé du stade de la course de fond au sprint de… 6 500 Km !!!

2014

Loïck Peyron

Banque Populaire

En août 2014, les bateaux et les hommes montent en puissance en vue de la course qui doit partir le 2 novembre et le match est prometteur. Yann Guichard va oser s’aligner à bord du plus grand trimaran du monde et nombreux sont ceux qui se demandent comment il va maitriser les 40 mètres et 26 tonnes de l’engin. Thomas Coville profite de l’expérience d’Olivier de Kersauzon pour mettre au point le nouveau Sodebo, construit à partir de Géronimo, l’ex bateau de l’Amiral. Quand à Armel le Cleach, il prépare depuis 2 ans l’ex Groupama et rafle, pour se mettre en forme, tous les records.

Au cours de sa préparation, il se blesse la main et, un mois avant le départ, il est clair qu’il ne pourra pas participer à la course. Pendant ce temps-là, Loïck Peyron préparait tranquillement une traversée « à l’ancienne », sans GPS, ni radio, ni Internet, à bord de la réplique du bateau vainqueur de la première édition. Début octobre, il est à Lorient où il a amarré son petit trimaran jaune devant le maxi Banque Populaire et hésite … Il prend néanmoins le départ de la course en précisant qu’il ne vise au mieux que la troisième place.

24 heures après le départ, coup de théâtre : Sodebo rentre en collision avec un cargo alors qu’il est en tête et rentre à Roscoff, skipper en larmes.  Le suivi par satellite de la course rend rapidement son verdict : le maxi de 40 m est de loin le plus rapide et nombreux sont ceux qui prévoient la victoire  de Yann Guichard. A la sortie du golfe de Gascogne, Loïck Péron fait parler son expérience, son savoir-faire et… sa roublardise. Il prend la tête à Madère et la gardera jusqu’au bout !!! En 7 jours et 15 heures, battant le record de la traversée, il offre à ce plan VP/LP, sa deuxième victoire consécutive.

2018

Le combat des géants

Route du Rhum 2018

Nous alimentons jour après jour cette section

mise à l'eau du maxi-trimaran d'armel le cléac'h

2018

Gilles Buekenhout

Jess - La navigation sur ordonnance
J’ai toujours pensé (et je continue à le penser !!!) que les pouvoirs publics feraient mieux de subventionner l’industrie du loisir (dont l’industrie nautique) que l’industrie pharmaceutique. Les gens seraient en meilleure santé s’ils prenaient plus de plaisir que des médicaments et l’adrénaline est certainement meilleur que l’aspirine. 
 
Jess, qui va s’élancer le 4 novembre prochain de St Malo en est une illustration.
Ce bateau est né en 2010 dans la tête de l’un des meilleures médecins de Nouvelle Calédonie : Philippe C. (C., pour pas qu’il ai de soucis avec l’ordre des médecins).
Il a voulu un trimaran de taille raisonnable pour pouvoir naviguer sans soucis sur le lagon (le plus grand du monde reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO). Mais il voulait aussi et avant tout un bateau « fun », qui soit rapide au possible et qui offre des sensations uniques.
Il s’est donc tourné vers l’architecte anglais, mais breton d’adoption, Nigel Irens qui conçu un trimaran de 40’ (12m60) puissant et vif.
Une fois les plans en main, qu’en faire?
Philippe fréquentait, le « génie des appendices » qui permit à Franck Camas, entre autre, de briller avec le trimaran Groupama, devenu Banque Populaire et maintenant IDEC.
 
Personnellement, j’ai une passion pour Martin Fischer qui « roule » dorénavent pour les italiens de la Coupe de l’América. Après le film « le diable s’habille en Prada », on pourrait tourner «  le Génie dessine pour Prada » …
 
Nous avons eu l’honneur de le battre quelques fois en régate avec Bip Bip et j’en suis hyper fier !!! Je pense que je n’ai jamais aussi bien barré au portant que quand nous étions au coude à coude lors d’une régate de nuit à Nouméa.  Ce type a un « touché de barre » exceptionnel et je me suis senti tout petit quand j’ai navigué avec lui.
Martin a pris les choses en main et transforma le beau bateau en bel oiseau.
 
Le chantier de Nouméa chargé de la construction rencontrant des difficultés, il fallu trois ans de labeur et d’aventures pour que Jessica Rabbit devienne la vedette du port de Nouméa, tant ses lignes sont belles. Philippe fut même contraint d’investir dans le chantier !!!
C’est ce bateau magique que Gilles Buekenhout a eu l’idée de racheter pour courir la route du Rhum. L’enfoiré !!! Nous sommes quelques uns à avoir le sentiment qu’il s’est glissé dans le lit de la dame que nous aurions aimé pouvoir convoiter …
Il est donc notre « chouchou » et nous allons suivre de près ses aventures. Suivez-les avec nous …
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